Loi de Finances 2026 au Maroc : ce qui change concrètement pour l’immobilier, les investisseurs et les bailleurs

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Loi de Finances 2026 au Maroc : ce qui change concrètement pour l’immobilier, les investisseurs et les bailleurs

Sommaire

La Loi de Finances 2026 marque une nouvelle étape dans la modernisation du cadre fiscal marocain, avec des répercussions directes sur le secteur immobilier. Dans la continuité des réformes engagées ces dernières années, le législateur renforce les mécanismes de transparence, de traçabilité des transactions et de conformité fiscale, tout en maintenant certains leviers destinés à soutenir l’investissement et l’accès au logement.

Pour les propriétaires, investisseurs, promoteurs et professionnels de l’immobilier, ces évolutions impliquent une adaptation des pratiques, tant au niveau des ventes que de la gestion locative.

Un renforcement de la traçabilité des transactions immobilières

L’un des axes majeurs de la Loi de Finances 2026 concerne la lutte contre les paiements non déclarés et l’économie informelle. Désormais, toute opération de cession immobilière doit clairement mentionner dans l’acte notarié les modalités de règlement utilisées, qu’il s’agisse d’un paiement comptant ou échelonné, avec références précises aux moyens de paiement.

Lorsque le règlement du prix n’est pas effectué via des instruments bancaires traçables (virement, chèque, moyens assimilés), un droit d’enregistrement additionnel de 2 % est appliqué. Cette mesure vise à encourager la bancarisation des flux financiers et à sécuriser davantage les transactions immobilières.

Dans la pratique, cela signifie que vendeurs et acquéreurs ont désormais tout intérêt à formaliser intégralement leurs paiements, sous peine de supporter un coût fiscal supplémentaire. Pour les investisseurs, cette exigence renforce la sécurité juridique des acquisitions, mais impose également une discipline accrue dans la structuration financière des opérations.

Revenus locatifs : vers une fiscalité plus encadrée

Autre évolution notable : l’instauration ou la généralisation d’une retenue à la source de 5 % sur les revenus locatifs, applicable aussi bien aux personnes physiques qu’aux personnes morales dans certains cas.

Cette mesure a pour objectif de limiter la sous-déclaration des loyers et d’améliorer le recouvrement de l’impôt. Elle concerne directement les propriétaires bailleurs, qu’il s’agisse de location longue durée ou de location saisonnière.

Concrètement, cela implique une meilleure organisation comptable et déclarative pour les détenteurs de biens immobiliers générant des revenus. À terme, cette réforme tend à professionnaliser davantage le marché locatif marocain, en rapprochant ses standards de ceux observés dans d’autres juridictions internationales.

Pour les investisseurs, cette visibilité accrue sur la fiscalité locative permet aussi de mieux anticiper la rentabilité nette des projets immobiliers.

Maintien de certains dispositifs favorables au logement

Parallèlement à ces mesures de contrôle, la Loi de Finances 2026 conserve plusieurs mécanismes destinés à soutenir l’accès à la propriété, notamment via des exonérations ciblées de droits d’enregistrement sur certaines opérations de crédit immobilier liées au logement principal, dans le cadre de conventions entre employeurs et salariés.

Ces dispositions visent à préserver la dynamique du marché résidentiel, tout en accompagnant les ménages dans leurs projets d’acquisition ou de construction.

Pour les promoteurs et développeurs immobiliers, ces incitations contribuent à maintenir la demande, en particulier sur le segment du logement destiné à l’habitation principale.

Un impact direct sur les stratégies d’investissement

Dans leur ensemble, les nouvelles dispositions de la Loi de Finances 2026 modifient sensiblement l’environnement de l’investissement immobilier au Maroc. La hausse potentielle des coûts de transaction en cas de paiements non tracés, combinée à une fiscalité locative plus structurée, pousse naturellement les acteurs du marché vers davantage de formalisation.

Cette évolution favorise les projets bien documentés, juridiquement clairs et financièrement transparents. Elle renforce également le rôle des professionnels qualifiés — agences immobilières, notaires, fiscalistes — dans l’accompagnement des acquéreurs et des vendeurs.

Pour les investisseurs nationaux et internationaux, le cadre devient plus lisible, avec une meilleure prévisibilité fiscale, même si cela suppose une rigueur accrue dans la gestion des opérations.

Vers un marché immobilier plus mature

Au-delà des aspects purement fiscaux, la Loi de Finances 2026 s’inscrit dans une vision plus large de structuration de l’économie marocaine. En matière immobilière, elle contribue à assainir les pratiques, à sécuriser les transactions et à renforcer la confiance dans le marché.

À moyen terme, ces réformes devraient favoriser l’émergence d’un secteur immobilier plus mature, plus transparent et davantage attractif pour les investisseurs, tout en protégeant mieux les intérêts des acquéreurs et de l’État.